CM5 - LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Publié le 6 Juillet 2015

L'explosion atomique à Nagasaki le 9 août 1945

L'explosion atomique à Nagasaki le 9 août 1945

CHRONOLOGIE

Trois phases :

1. 1939-1941 : succès fulgurants des forces de l’Axe (Berlin, Rome, Tokyo) : « Guerre-éclair » ou Blitzkrieg)

  • 1er septembre 1939 : invasion de la Pologne par la Wehrmacht
  • Septembre-mai 1940 : Drôle de guerre
  • 9 avril 1940 : Invasion du Danemark et de la Norvège par la Wehrmacht (corps expédionnaire allié en Scnadinavie)
  • 10 mai 1940 : début de l'offensive allemande à l'ouest (invasion des Pays-Bas)
  • 26 mai-3 juin 1940 : opération Dynamo (Dunkerque)
  • 22 juin 1940 : signature de l'Armistice
  • 10 juillet 1940 : début de la bataille d'Angleterre
  • 7 septembre 1940-16 mai 1941 : le Blitz
  • 17 avril 1941 : capitulation de la Yougoslavie
  • 22 juin 1941 : invasion de l'URSS par la Wehrmacht (Barbarossa)
  • 7 décembre 1941 : attaque japonaise à Pearl Harbor

2. 1942 : les deux camps connaissent des succès et des revers.

  • 15 février 1942 : les Japonais s'emparent de Singapour
  • juin 1942 : prise de Tobrouk
  • 4 juin 1942 : bataille navale de Midway
  • 4 juillet 1942 : prise de Sébastopol par la Wehrmacht
  • 4 novembre 1942 : fin de la bataille d'El Alamein
  • Septembre 1942 : investissement de Stalingrad
  • 8 novembre 1942 : débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord

3. A partir de 1943 : les Alliés prennent et conservent l’initiative

  • 2 février 1943 : capitulation de l'armée Paulus à Stalingrad
  • 5 juillet 1943-23 août 1943 : bataille de Koursk (Citadelle)
  • 10 juillet 1943 : débarquement anglo-saxon en Sicile
  • 8 septembre 1943 : capitulation de l'Italie
  • 28 novembre 1943 : conférence de Téhéran
  • 4 juin 1944 : prise de Rome
  • 6 juin 1944 : débarquement en Normandie (Overlord)
  • 15 août 1944 : débarquement de Provence
  • 25 août 1944 : libération de Paris
  • 16 décembre 1944 : contre-offensive allemande dans les Ardennes
  • 4 et 11 février 1945 : conférence de Yalta
  • mars 1945 : le Rhin est franchi par les Alliés
  • 26 avril 1945 : jonction des troupes américaines et soviétiques à Torgau
  • 7 et 8 mai 1945 : capitulation sans conditions de l'Allemagne
  • 22 juin 1945 : prise de l'île d'Okinawa
  • 17 juillet-2 août 1945 : conférence de Postadam
  • 6 et 9 août 1945 : bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki
  • 2 septembre 1945 : capitulation sans conditions du Japon

PLAN DU COURS

I-LES SUCCES DE LA GUERRE-ECLAIR EN EUROPE (1939-1941)

A) Les années 1930 : la guerre comme horizon

1. Démocraties et dictatures

2. La guerre d'Espagne et la guerre sino-japonaise

3. Les réarmement de l'Allemagne et les coups de force hitlériens

4. Guerre courte contre guerre d'usure

B) Le triomphe de la Wehrmacht

L'attaque de la Pologne par l'Allemagne le 1er septembre 1939

1. La campagne de Norvège

  • Les Objectifs
  • Une opération interalliée
  • Les déficiences

2. La campagne de France : l'armée française terrassée

  • De la Drôle de guerre à la percée allemande
  • L'opération Dynamo
  • Comprendre la défaite

3. La bataille d'Angleterre

  • Un rapport de force en faveur de l'Allemagne
  • Les deux grandes phases de la bataille
  • Le premier échec allemand

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Textes

"Loin de posséder la supériorité écrasante qu'on leur attribuait, les armées de Hitler étaient en fait inférieures en nombre (...). Les offensives blindées de Hitler se révélèrent décisives, mais ses chars étaient moins nombreux et moins puissants que ceux de ses adversaires. C'est seulement dans le domaine de l'aviation, ce facteur le plus vital de tous, qu'il possédait une supériorité. De plus, la décision fut virtuellement emportée par une petite fraction de son armée avant que le gros de ses forces n'entrât en action. Cette fraction décisive comprenait , à côté de l'aviation, dix divisions blindées, une division de parachutistes et une division aéroportée, sur un total de quelque cent trente cinq divisions qui avaient été rassemblées. Les résultats éclatants remportés par ces éléments nouveaux ont fait oublier, non seulement leur taille relativement réduite, mais aussi la marge étroite par laquelle ce succès fut atteint. Ce succès aurait facilement pu être empêché sans les occasions qui leur furent offertes par les erreurs des Alliés, erreurs qui furent dans une large mesure dues à la persistance d'idées démodées (...). Les chefs d'unité français, formés aux lentes méthodes de 1918, étaient mentalement incapables de faire face à la vitesse des Panzer et cela entraîna parmi eux une paralysie croissante"

Liddell-Hart, Histoire de la Seconde Guerre mondiale

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L'étrange victoire allemande de 1940

Pour tenter de trouver des causes simples à l'étranger défaite de la France de mai-juin 1940, l'une des explications les plus couramment avancées se résume à l'affirmation suivante : l'armée allemande, superpuisante, suréquipée et ultra-moderne, commandée par des chefs de génie, a mis en oeuvre un doctrine tactique radicalement nouvelle et littéralement stupéfiante par son efficacité et sa rapidité, le Blitzkrieg, ou "guerre-eclair". Voilà pour la légende que presque tout le monde a ressassé ad libitum.

Or, depuis quelques années, les travaux de nombreux historiens, français ou étrangers, déconstruisent peu à peu ce récit simpliste dont presque tout le monde s'est satisfait pendant soixante-dix ans. Et cette déconstruction s'insère elle-même dans la remise en cause méthodique du mythe de l'excellence militaire allemande dans les guerres mondiales de la première moitié du XXe siècle. Car c'est bien là un des principaux clichés de l'histoire militaire contemporaine. Or, il convient de se demander comment et pourquoi une armée aussi puissante et efficace qu'on a voulu nous le faire croire a pu perdre les guerres titanesques dans lesquelles elle s'était engagée (...) Pour ce qui concerne la réalité des victoires militaires allemandes des premières années de la guerre, les historiens ont largement montré leur caractère contingent et souvent obtenu d'extrême justesse (...). En tout état de cause, cette victoire allemande, si elle reste extraordinaire, n' aucune valeur de modèle, car non théorisée et impossible à reproduire. Sur la longue durée d'une guerre planétaire, la puissance nazie ne pouvait que remporter quelques "bataille" et n'avait guuère de chances de l'emporter, car elle n'était fondée que sur l'excellence tatcique et le très haut degré de professionnalisme de la Wehrmacht, au détriment dune pensée stratégique et opérative qui lui fit constamment défaut."

Laurent Henninger, Thierry Widemann, Comprendre la guerre. Histoire et notions, Paris, Perrin, 2012, p. 162 et suiv.

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C) La guerre devient mondiale

1. L'Allemagne nazie à l'assaut de l'URSS

  • Le rapport de forces
  • Les grandes phases de l'invasion
  1. 22 juin-19 juillet : supériorité tactique allemande et victoire spectaculaires
  2. 19 juillet-21 août : la pause
  3. 21 août-26 septembre : offensive en Ukraine
  • La Blitzkrieg en échec : Moscou (octobre-décembre 1941)

2. Le Japon à l'assaut des Etats-Unis

  • Les causes de l'intervention japonaise
  • L'attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941
  • Les succès japonais en Asie du Sud-Est

3. Un monde divisé en deux camps à la fin 1941

II-LES ALLIES PRENNENT LE DESSUS (1942-1945)

Opérations combinées ou amphibies : mise en oeuvre depuis la mer de forces armées contre des positions terrestres. Ces opérations sont d'une grande diversité : raids de pillage, actions de commandos, débarquements limités ou de grande ampleur mettant en jeu des armées dans le cadre de la constitution de théâtres d'opérations. Les opérations combinées de grande ampleur apparaissent dès l'Antiquité. Toutefois, pendant la Seconde Guerre mondiale, elles sont nombreuses : conquête du Sud-Est asiatique par les Japonais, les opérations allemandes en Norvège ou dans les iles de la mer Egée, les contre-offensives américaines de Tarawa à Okinawa, les débarquements d'Afrique du Nord, de Sicile, d'Italie, de Normandie et de Provence.

A) 1942 : l'année bissectrice

Jusqu'à la fin de l'année 1942, aucun des deux camps n'obtient un avantage décisif même si...

1. Arrêt de la progression japonaise dans le Pacifique (juin 1942)

2. Victoire décisive à El Alamein (novembre 1942)

3. Le débarquement en Afrique du Nord (opération Torch)

B) L'offensive contre l'Allemagne

1. L'affrontement Armée Rouge-Wehrmacht

  • Le désastre de Stalingrad

La bataille de Stalingrad, La Marche de l'histoire (France Inter), émission du mardi 19 février 2013 avec l'historien Jean Lopez.

  • La bataille De Koursk
  • Les contre-offensives russes

L'opération Bagration, l'offensive russe de l'été 1944, La Marche de l'histoire (France Inter), émission du vendredi 6 juin 2014 avec l'historien Jean Lopez.

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Textes

Le caporal Müller : "Dans un village, en Russie, il y avait des partisans. C'était clair, il fallait raser le village, sans se soucier des pertes. Nous en avions un (...) Brosicke, un Berlinois ; à chaque fois qu'il voyait quelqu'un das le village, il l'emmenait derrière la maison et lui mettait une balle dans la nuque. Alors que ce type, à l'époque, devait avoir vint ans, ou dix-neuf ans et demi. On disait qu'il fallait exécuter un homme sur dix dans le village. "Allons donc, qu'est ce que ça veut dire, ici, un home sur dix ? C'est parfaitement clair", disaient les copains, "tout le village doit être liquidé." Alors nous avons posé sur la table des bouteilles de bière remplies d'essence, et en sortant nous avons lancé des grenades derrière nous, comme ça, tranquillement. Tout s'est aussitôt mis à brûler comme une torche - des toits de chaume. On a liquidé les femmes, les enfants, tout le monde ; il y avait très peu de partisans dans le lot. Moi, dans ce genre de trucs, je ne tirais jamais si je n'était pas absolument certains que c'étaient des partisans. Mais il y avait beaucoup de camarades auxquels ça procurait un immense plaisir"

Sönke Neitzel, Harald Welzer, Soldats. Combattre, tuer, mourir : procès-verbaux de récits de soldats allemands, Gallimard, 2011

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Arromanches, le port artificiel mulberry B. Au premier plan, la passe du nord et les caissons Phoenix, au second plan, les quais et les chaussées flottantes.  © US Army

Arromanches, le port artificiel mulberry B. Au premier plan, la passe du nord et les caissons Phoenix, au second plan, les quais et les chaussées flottantes. © US Army

2. Les débarquements

Michaël Bourlet, "Le débarquement et la bataille de Normandie", Les Chemins de la mémoire, n°244, juin-juillet 2014

3. L'armée allemande perd l'initiative puis s'effondre

C) La défaite du Japon

1. La stratégie alliée au lendemain de Midway

2. La destruction de la marine japonaise

3. Les bombardements atomiques

III-RÔLE DETERMINANT DE LA TECHNOLOGIE ET DE L'ETAT

A) Une guerre technologique

1. Le feu

  • Les innovations en matières d'armement : sur terre (grandes unités blindées), dans les airs (chasse, bombardement stratégique, transport) et sur mer (sous-marin, porte-avion)
  • Les opérations combinées ou "amphibies"
  • La course aux armements (charge creuse, missiles, avions à réaction, sonar, radar, bombe atomique)

2. La science au service de la guerre

  • Médecine
  • Equipements
  • Méthodes

B) La mobilisation de toutes les énergies

1. Main d'oeuvre : satisfaire des économies de guerre. Comparaison entre l'Allemagne nazie et les Etats-Unis

2. L'Europe au service de l'Allemagne nazie

3. Les Etats-Unis, arsenal des alliés

C) Intervention de l'Etat

1. Planifier, organiser, répartir

2. Financer l'effort de guerre

3. Contrôler et organiser la propagande

LES CARTES

L'Europe en 1939

L'Europe en 1939

La guerre en Asie-Pacifique (1937-1945) [Histoire 1re, Hachette éducation, avril 2015]

La guerre en Asie-Pacifique (1937-1945) [Histoire 1re, Hachette éducation, avril 2015]

EN COMPLEMENT

Bibliographie

  • Alya Aglan, Robert Frank, 1937-1947, la guerre-monde, deux tomes, Gallimard, 2015. 
  • Jean Quellien, La Seconde Guerre mondiale, 1939-1945, Paris, Tallandier, 2015.
  • Philippe Masson, La Seconde Guerre mondiale. Stratégies, moyens, controverses, filmographie, chronologie, Paris, Tallandier, 2003.

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  • Antony Beevor, Stalingrad, éd. de Fallois, 1999.
  • Karl-Heinz Frieser, Le mythe de la guerre-éclair. La campagne de l'Ouest de 1940, Belin, 2003.
  • Olivier Wieviorka, Histoire du Débarquement en Normandie, des origines à la Libération de Paris, Seuil 2014.

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  • Robert Paxton, L'armée de vichy. Le corps des officiers français. 1940-1944, Paris, Tallandier, 2004.

Témoignages

  • Marc Bloch, L'étranger défaite, PAris, Gallimard, 1990.
  • Jesse Glenn Gray, Au Combat, Paris, Tallandier, 2012.

L'auteur, Jesse Glenn Gray (1913-1977),  a enseigné la philosophie au Colorado College. Il est l’un des meilleurs spécialistes aux États-Unis de la philosophie allemande et notamment de Martin Heidegger. Un jour de 1941, il reçoit deux courriers dans sa boite aux lettres : son diplôme de docteur en philosophie et son ordre de mobilisation pour l'armée.  Officier dans l'armée américaine, il combat en Europe occidentale jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au cours de ces années, il consigne sur des carnets son expérience de la guerre. Dans les années 1950, il publie, non pas un témoignage, mais une réflexion, fondée sur ses carnets,  sur les hommes en guerre et sur la guerre et ses mystères (la sauvagerie, le plaisir, la répulsion, la fascination, etc.). En 1967, Au Combat est réédité et préfacé par la philosophe américaine Hannah Arendt (1906-1975). [Les Origines du totalitarisme, 1951]. En janvier 2012, Tallandier a publié l’essai de Jesse Glenn Gray.

  • Vassili Grossman, Carnets de guerre. De Moscou à Berlin. 1941-1945. Textes choisis et présentés par Antony Beevor et Luba Vinogradova, Paris, Calmann-Lévy, 2007.

Cinéma

Das Boot (Le Bateau), film allemand de Wolfgang Petersen (1981) et adapté du livre de Lothar-Gunther Buchheim (Le Styx), retrace l'histoire d'un sous-marin allemand pendant la Seconde Guerre mondiale.

Rédigé par Michaël Bourlet

Publié dans #CM HM

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